Qui sont les Rroms ? Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne,dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en Inde du Nord, il y a environ 800 ans. Ils sont aujourd'hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. Parvenus en Europe par l'Asie Mineure et le Bosphore, ils se sont installés d'abord dans les Balkans, puis dans les Carpates et petit à petit dans tous pays européens, de la Grèce à la Finlande et de la Russie à l'Europe occidentale (Espagne, Portugal, France, Allemagne et Royaume Uni). On compte environ 12 millions de Rroms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie. Les Rroms au sens large se subdivisent principalement en Rroms dits "orientaux" (85% du total), en Sintés (souvent appelés Manouches en France ~ 4%) et en Kalés (ou Gitans ~10%), en Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne ~ 0,5%) - sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd'hui sédentaires à 96%. Les Rroms sont un peuple sans territoire compact, qui n'a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Ils sont environ un demi-million en France. Etre Rrom est une valeur positive indiscutable, tout comme être Chinois, Argentin ou Français
Et les Tsiganes alors ? Le mot 'Tsigane' vient du grec Atsinganos; c'était le nom d'une secte qui a disparu au XIème siècle: bien avant l'arrivée des Rroms dans l'Empire byzantin, il y vivait cette secte, pratiquant une variante de la religion persane manichéenne (préislamique). Or, ses fidèles refusaient le contact physique avec tous les autres, qu'ils considéraient impurs. Les paysans byzantins les avaient donc appelés Atsinganos ("non touchés", mais ceci dans un sens très différent de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d'Asie et gardant une certaine distance, ils les prirent pour un nouveau contingent de cette secte. A partir de ce nom, Atsinganoi, les Rroms d'Europe furent diversement appelés en fonction des différentes langues des pays dans lesquels ils arrivèrent ensuite : Zingari en Italie, Tsigani dans les pays slavophones et en roumain, Zigeuner en allemand, Cigane en portugais, Tsigane en français (et Cigains en vieux-français)... A part son caractère péjoratif (dans de nombreuses langues il véhicule les idées de menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre ~ la liste est sans fin), ce mot de Tsigane n'a pas de définition réelle. Plusieurs groupes en effet, qui n'ont aucun rapport entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue et leur regard sur eux-mêmes sont à l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes, ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás - à l'origine Roumains du sud de la Serbie) et bien d'autres, jusqu'aux pillards de la guerre de Bosnie... Dans l'esprit de la pratique désormais universelle, le 1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué le droit légitime de ce peuple à être reconnu sous son véritable nom de « Rrom » pour le désigner. On utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour spécifier les trois grandes branches de ce peuple.
Rroms et Gens du Voyage
De leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle et jusqu'en 1856 les Rroms furent réduits en esclavage - et donc largement sédentaires. A peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) sont nomades. Ils n'ont jamais été nomades par culture, mais par nécessité : Pendant des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort, parce que nés Rroms.... Ils tentaient donc de fuir violences et discriminations avec l'espoir de trouver un pays plus accueillant... Les gouvernements et les Parlements s'empressaient de promulguer des lois à leur encontre. Les états allemands à eux seuls ont voté cent quarante huit lois et décrets les concernant entre 1416 et 1774 ! Dans l'Espagne du 16ème siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa langue maternelle était puni de mutilation... ce qui explique que le rromani s'y transforma en ce qu'on appelle le « Kaló »,un idiome en fait plus espagnol que rromani... Repoussés systématiquement, les Rroms d'Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant... compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent. Le rromani - qu'est-ce que c'est au juste? C'est la langue des Rroms ! Elle est indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l'Inde. Son vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même langue et les Rroms de Russie, d'Albanie, de Grèce etc. peuvent très facilement communiquer entre eux en rromani - à la seule condition de ne pas l'avoir oublié... Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d'une écriture commune laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l'école et, en France, l'INALCO dispense une formation complète en langue et civilisation des Rroms.
Rrom et Roumain, est-ce la même chose ?
Les Rroms sont un peuple européen d'origine indienne, réparti dans l'ensemble de l'Europe et au-delà. Les Roumains sont un peuple de 30 millions d'âmes vivant en Roumanie, en République de Moldavie et dans quelques régions voisines. Leur langue, le roumain, est une langue néo-latine. Le mot « Rrom» vient du sanskrit « Ḍomba», qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains", alors que « Roumain » vient du nom de la ville de Rome. Il s'agit donc de deux peuples distincts ayant des origines, langues et cultures différentes. Certes, la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms - près de deux millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et tous les Roumains ne sont pas Rroms Que signifie le terme Samudaripen ?
En rromani, ce mot veut dire veut dire « meurtre collectif total », et il désigne le Génocide du peuple des Rroms, Sintés et Kalés pendant la Seconde Guerre Mondiale. N'oublions jamais, alors même que les historiens et les medias passent encore trop souvent cette tragédie sous silence, que la population rrom en Europe a perdu plus de 500 000 des siens entre 1933 et 1945.Les Nazis et leurs alliés de tous les pays ont persécuté, stérilisé, emprisonné, torturé, fusillé, et finalement gazé les Rroms dans les camps de la mort ou dans les bois. Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient au moins un arrière grand parent rrom. Les Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l'extermination (voir l'ordonnance d'Himmler de 1938) car quoique « aryens » ils étaient considérés par les nazis comme des parias, asociaux, « de sang métissé », donc dangereux pour le "sang pur allemand". Il ne faut pas oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par la folie nazie. En 1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur Ian Hancock, un intellectuel rrom, pour le nommer membre du U.S. Holocaust Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au cours des dix-sept ans d'existence de ce Conseil, c'était la deuxième fois seulement qu'un représentant rrom pouvait faire partie des 65 membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ????? On vient de commémorer le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis, et cependant, la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son martyre sous le régime nazi. Jusqu'à nos jours, seules les victimes rromsde nationalité allemande ont reçu des « réparations » financières et sur le plan de l'histoire, presque rien n'est fait pour la reconnaissance du Samudaripen.
Le saviez-vous ? Qu'ont en commun Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón... ? Ils étaient Rroms ! A quoi correspond le 8 avril - journé mondiale des Rroms? Le 8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie - le "jour des chevaux" (sortie festive des abris d'hiver avec les chevaux ornés de guirlandes) mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et beaucoup de Rroms de par le monde la célèbrent désormais comme la date du premier congrès mondial des Rroms en 1971. En ce jour important pour le peuple rrom, une pensée va tout naturelle-ment aux victimes du Samudaripen, déportés et tués parce qu'ils étaient nés Rroms. Pour que ce chapitre ignoble de l'Histoire ne se répète plus jamais, nous pensons qu'il est important que tous se rapprochent pour mieux se connaître. Si la mère du racisme est l'ignorance, son père est l'égoïsme, et c'est donc en faisant la connaissance de la culture rrom que la méfiance, l'hostilité, la haine et le mépris vis-à-vis des Rroms finiront par devenir un simple sujet d'étude pour les historiens...
SI MAN JEKH SUNO - aurait dit Martin Luther King
Texte de Saïmir Miles, Président de l'association "la voix des Rroms" http://lesrroms.blogg.org/
Peut-être seriez vous intéressée pour le diffuser - si toutefois la qualité vous convient- et, au cas échéant, je serai ravi de trouver tribune dans vos programmes...
Lettre représentants ouverte aux élus, à l’Etat français, à ses
Gordon est mort ce samedi 16 janvier, à Gargenville, dans les Yvelines. Il aurait eu huit ans au mois de mai. Gordon a fait une chute de dix mètres en passant au travers du toit de l’usine désaffectée où il vivait en caravane avec ses parents.
Gordon et sa famille sont français depuis plusieurs générations. Ils sont de ceux qu’on nomme tour à tour tsiganes, voyageurs, nomades, manouches, gitans, bohémiens, etc...
Ils sont de ceux qui sont sans cesse pourchassés, expulsés, errant de places interdites en places interdites du seul fait que la loi sur l’accueil et l’habitat des gens du voyage n’est pas respectée par les communes.
Ils sont de ceux qui sont mal-logés, non pas parce qu’ils sont pauvres, mais parce qu’ils sont tsiganes, voyageurs, vivant en habitat mobile.
Gordon était un élève du camion école. Parce qu’il était en situation illégale et précaire d’habitat, il ne pouvait aller à l’école comme tous les autres enfants, alors l’école venait à lui sur le terrain, au milieu des rats, des détritus, des décombres de l’usine désaffectée sans trop bien savoir si le site n’était pas pollué.
Combien faudra-t-il d’enfants morts, de mères défigurées par la douleur, de pères en pleurs pour que soit prise la juste mesure des conditions réelles de vie des familles du voyage ?
Gordon est mort parce qu’il était voyageur, parce qu’avec sa famille il n’avait pas la possibilité d’habiter en caravane sur un terrain exempt de tout danger, parce qu’on lui a refusé l’accès à un habitat adapté, parce qu’il n’y a pas d’aire d’accueil alors qu’il était de passage dans les Yvelines.
Gordon est mort parce que des considérations fallacieuses priment dans les débats sans fin et retardent la mise en application de la loi Besson , parce qu’on privilégie les protections fort coûteuses, humiliantes et inefficaces pour empêcher les installations sauvages au détriment de l’aménagement de terrains, parce qu’on se renvoie la balle entre l’Etat et les collectivités, parce qu’on a d’autres préoccupations parfois aussi dérisoires que « flatter l’électorat » au détriment de la vie d’un enfant, parce qu’on use de répressions injustes et de mesures ségrégatives au détriment des lois républicaines.
Faut-il rappeler l’article 223-6 du code pénal sur la non assistance à personne en danger?
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de100 000 euros d'amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours
Il faut cesser de jouer avec la vie des uns et la crédulité des autres.
A l’argument qui consiste à dire que la mise en œuvre de la loi Besson est trop lourde financièrement pour les communes,
j’oppose les choix de terrains délibérément onéreux nécessitant des infrastructures lourdes,
j’oppose les exemples des communes qui respectent leurs obligations à moindre coût, voire en faisant des profits.
A l’argument qui consiste à se retrancher derrière les réactions des administrés contre l’installation de familles du voyage,
j’oppose la réélection systématique des Maires qui ont posé un véritable acte politique, de courage, de responsabilité et d’humanisme, digne du message délivré sur les frontons des édifices publics : liberté, égalité, fraternité, pour tous y compris pour les « nomades ».
A l’argument qui consiste à stigmatiser le caractère délinquant de cette population,
j’oppose le délit de survie,
j’oppose la nécessité pour les gardiens du droit de veiller eux-mêmes à respecter leurs devoirs.
Aux rappels incessants des devoirs des gens du voyage vis-à-vis de la société,
j’oppose le dernier rapport de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE) qui dénonce les discriminations dont sont l’objet les voyageurs au regard de la société française, les lois spécifiques qui font d’eux des citoyens à part.
Pour que Gordon ne soit pas mort pour rien :
Mesdames et Messieurs les Elus
►agissez en honorables mères et pères de famille et prenez ainsi les mesures d’urgence qui s’imposent pour permettre aux gens du voyage d’habiter sur votre commune,
►réunissez l’ensemble des volontaires inscrits ou non au schéma départemental, par canton, pour créer en urgence des terrains provisoires pour les familles de passage et des terrains familiaux pour les familles résidentes permanentes, avec le soutien des services de l’Etat et des associations, régularisez les situations précaires où des familles se trouvent en danger sans conditions d’hygiène et de salubrité satisfaisantes,
Monsieur le Préfet des Yvelines
refusez les mises en demeure dans le cadre de la loi de mars 2007,
►pour garantir la salubrité, la sécurité et la tranquillité des gens du voyage dont la vie est réellement en danger, l’intégrité menacée, la légitimité injustement contestée, obligez les Maires concernés à pourvoir immédiatement à l’habitat des personnes ou substituez-vous à eux en réquisitionnant des terrains dont les frais d’aménagement devront être couverts par la commune défaillante,
►incitez les forces de l’ordre à adopter des attitudes exemptes de toute intimidation et discrimination dans le seul respect de la loi.
Si un seul individu doute encore du degré d’humanité qui habite les « gens du voyage », je peux témoigner qu’une mère manouche, qu’un père gitan pleure son enfant de la même façon que le plus civilisé d’entre nous.
Daniel BOITARD- Président ASET 78- membre de l’association « No mad’s land », de « dedans/Dehors » et du collectif gens du voyage des Yvelines- 31, rue de la fontaine 78820 JUZIERS- 01.34.75.25.83